Few subjects have remained so consistently 'hot' a topic as interim and conservatory measures. The issues to which they give rise are diverse and challenging: what is their scope and subject to what conditions and in what circumstances should interim and conservatory measures be ordered? At what point does a request for interim and conservatory measures amount to an attempt to pre-empt a full review of the merits of the underlying dispute? How enforceable are such measures when ordered by an arbitral tribunal? In what form should orders for interim and conservatory relief be issued? How to decide whether to go to a state court or an arbitrator for interim and conservatory relief? These are but a handful of examples of the many questions that continue to be raised.

Interim and conservatory measures were the subject of one of the Bulletin's very early Special Supplements in 1993. They were considered again, at length, in a regular issue in 2000. Both of these publications continue to be consulted today.

If this in itself were not sufficient reason to revisit the subject in the present Special Supplement, the new ICC Rules of Arbitration, which came into force on 1 January 2012, provide an additional incentive to do so. One of the distinctive features of the new Rules is the inclusion of a set of provisions which, for the first time, afford users the option to seek interim and conservatory measures in the very early stages of a case, before the arbitral tribunal has been constituted-the Emergency Arbitrator Rules. Earlier versions of the ICC Rules of Arbitration made it possible for a duly constituted ICC arbitral tribunal to order interim and conservatory measures. However, those provisions did not apply in the (sometimes lengthy) period between the filing of the case and the transmission of the file to the arbitral tribunal. Parties were obliged to seek alternative solutions, whether by way of recourse to state courts or the ICC's pre-arbitral referee procedure. In the new Rules, that lacuna has been filled. If a need for an urgent remedy arises in the very preliminary stages of a case-even before a Request for Arbitration has been submitted-the option of recourse to an emergency arbitrator is now available.

In this Special Supplement of the Bulletin, extracts drawn from sixteen ICC awards rendered between 1999 and 2008 are reproduced. The decisions on interim and conservatory measures recorded in these awards were made, for the most part, under Article 23 of the 1998 ICC Rules of Arbitration (now Article 28 of the 2012 Rules). We are grateful to Ali Yesilirmak, who wrote on the subject in our 2000 issue, for having contributed an insightful commentary introducing the awards.

In order to give a complete and up-to-date picture of the options available under ICC Rules, this publication also includes an overview of the ICC's new emergency arbitrator procedure by Nathalie Voser and Christopher Boog, both of whom were closely involved in the development of the new provisions from the outset, and a contribution from Michael Bühler, Co-Chair of the Task Force on the Revision of the ICC Rules of Arbitration, on the relationship between the ICC's emergency arbitrator procedure and its existing pre-arbitral referee procedure.

John Beechey

President

International Court of Arbitration

Avant-propos

Peu de sujets ont occupé aussi longtemps le devant de la scène que les mesures provisoires et conservatoires. Les problèmes qu'elles soulèvent sont divers et complexes : Quel est leur champ d'application ? Sous quelles conditions et dans quelles circonstances doivent-elles être ordonnées ? Quand peut-on assimiler une demande de mesures provisoires ou conservatoires à une tentative de préjuger le fond du litige en cause ? Quelle est la force exécutoire de ces mesures lorsqu'elles sont ordonnées par l'arbitre ? Sous quelle forme les mesures provisoires et conservatoires doivent-elles être ordonnées ? Sur quels critères décider de s'adresser au juge ou à l'arbitre pour les obtenir ? Ce ne sont là qu'une poignée d'exemples des nombreuses questions qui continuent de se poser.

Les mesures provisoires et conservatoires ont fait l'objet en 1993 de l'un des premiers Suppléments spéciaux du Bulletin. Elles ont à nouveau été analysées en détail dans un numéro ordinaire, en 2000. Ces deux publications restent encore consultées aujourd'hui.

S'il n'y a pas là, en soi, matière à revenir sur le sujet dans le présent Supplément spécial, l'entrée en vigueur du nouveau Règlement d'arbitrage de la CCI, le 1er janvier 2012, contribue à y inciter. Ce nouveau Règlement se distingue en effet par une série de dispositions - les Règles relatives à l'arbitre d'urgence - qui, pour la première fois, offrent aux utilisateurs la possibilité de demander des mesures provisoires ou conservatoires dès le tout début de l'affaire, avant même la constitution du tribunal arbitral. Les précédentes versions du Règlement permettaient à un tribunal arbitral dûment constitué d'ordonner de telles mesures, mais leurs dispositions ne s'appliquaient pas à la période (parfois longue) séparant l'introduction de la demande d'arbitrage de la remise du dossier au tribunal arbitral. Les parties étaient donc contraintes de trouver d'autres solutions, en se tournant vers la justice ou vers la procédure de référé pré-arbitral de la CCI. Le nouveau Règlement comble cette lacune. Au cas où des mesures d'urgence seraient nécessaires au stade préliminaire de l'affaire - voire avant que la demande d'arbitrage ne soit introduite - il est désormais possible de faire appel à un arbitre d'urgence.

Ce Supplément spécial du Bulletin présente des extraits de seize sentences de la CCI rendues entre 1999 et 2008. Les décisions qu'elles contiennent en matière de mesures provisoires ou conservatoires ont été prises pour la plupart en application de l'article 23 du Règlement d'arbitrage de 1998 de la CCI (qui correspond à l'article 28 du Règlement de 2012). Ali Yesilirmak, qui avait rédigé un article sur la question dans notre numéro de 2000, a aimablement accepté de livrer ses commentaires éclairés sur ces sentences.

Afin de brosser un tableau complet et à jour des possibilités offertes par le Règlement de la CCI, ce Supplément spécial comprend aussi une analyse de la nouvelle procédure de l'arbitre d'urgence de la CCI par Nathalie Voser et Christopher Boog, qui ont tous deux activement participé dès le début à l'élaboration de ces nouvelles dispositions, ainsi qu'une contribution de Michael Bühler, coprésident du groupe de travail sur la révision du Règlement d'arbitrage, sur les relations entre la procédure de l'arbitre d'urgence et la procédure de référé pré-arbitral de la CCI.

John Beechey

Président

Cour internationale d'arbitrage

Prefacio

Pocos temas se han mantenido tanto tiempo en primer plano como el de las medidas provisionales y cautelares. Estas últimas plantean problemas tan diversos como desafiantes: ¿Cuál es su alcance? ¿Bajo qué condiciones y en qué circunstancias deben ordenarse? ¿Hasta qué punto una solicitud de medidas provisionales y cautelares no constituye un intento de prejuzgar el fondo de la controversia subyacente? ¿Cuán ejecutables son estas medidas cuando las ordena un tribunal arbitral? ¿En qué forma deben dictarse las medidas provisionales y cautelares? ¿Cuáles son los criterios para decidir entre acudir a un tribunal estatal o a un árbitro para solicitar las medidas cautelares y provisionales? Estos sólo son algunos ejemplos de las diversas interrogantes que aún siguen surgiendo.

En 1993 se trató el tema de las medidas cautelares y provisionales en uno de los primeros Suplementos Especiales del Boletín y en el año 2000 se retomó nuevamente en profundidad en una edición regular. Ambas publicaciones siguen consultándose hoy en día.

Si ésta no fuera, en sí misma, una razón suficiente para volver sobre este asunto en el presente Suplemento Especial, la entrada en vigor el 1 de enero de 2012 del nuevo Reglamento de Arbitraje de la CCI supone un incentivo adicional para hacerlo. En efecto, una de las características esenciales del nuevo Reglamento es la inclusión de una serie de disposiciones (Reglas de Árbitro de Emergencia) que, por vez primera, brinda a los usuarios la posibilidad de solicitar medidas provisionales y cautelares en una etapa muy temprana de la causa, antes de la constitución del tribunal arbitral. Aunque las anteriores versiones del Reglamento de Arbitraje de la CCI permitían que un tribunal arbitral debidamente constituido pudiera ordenar dichas medidas, estas disposiciones no se aplicaban al periodo, en ocasiones prolongado, entre la presentación de la solicitud de arbitraje y la entrega del expediente al tribunal arbitral. Por lo tanto, las partes se veían en la obligación de buscar soluciones alternativas, ya sea recurriendo a un tribunal estatal u optando por el procedimiento precautorio prearbitral de la CCI. El nuevo Reglamento viene a llenar esta laguna. Ahora existe la posibilidad de recurrir a un árbitro de emergencia cuando se necesiten medidas urgentes en una etapa preliminar de la causa, incluso antes de la presentación de la solicitud de arbitraje.

En este Suplemento Especial del Boletín ofrecemos algunos extractos de 16 laudos de la CCI dictados entre 1999 y 2008. Las decisiones relativas a las medidas provisionales y cautelares registradas en estos laudos se tomaron, en su mayoría, al amparo del Artículo 23 del Reglamento de Arbitraje de 1998 de la CCI (actual Artículo 28 del Reglamento de 2012). Deseamos manifestar nuestra gratitud a Ali Yesilirmak, quien escribió sobre este tema en nuestra edición del 2000, por haber contribuido con una perspicaz presentación de los laudos.

Con el fin de brindar un panorama completo y actualizado de las opciones ofrecidas por los Reglamentos de la CCI, esta publicación también incluye un análisis de Nathalie Voser y Christopher Boog, quienes desde el principio participaron activamente en la elaboración de las nuevas disposiciones, sobre el nuevo procedimiento del árbitro de emergencia de la CCI, así como una contribución de Michael Bühler, copresidente del grupo de trabajo a cargo de la revisión del Reglamento de Arbitraje de la CCI, sobre la relación entre el procedimiento del árbitro de emergencia y el procedimiento precautorio prearbitral de la CCI.

John Beechey

Presidente

Corte Internacional de Arbitraje